Personne — ou presque — n’a déjà pris place dans un cockpit d’avion. Pourtant, tout le monde connaît la signification du mot « Roger ». On l’a tous entendu dans un vieux film, un documentaire ou une plaisanterie au talkie-walkie. C’est ce fameux « Bien reçu » qui conclut parfois un texto.
Message reçu. J’ai compris.
Avec son R initial, « Roger » est le terme choisi par l’OTAN il y a des décennies pour son alphabet phonétique afin de signifier « received » (reçu).
Bien avant de créer Rogervoice, j’ai toujours aimé cette formule concise. Pas par passion pour l’aéronautique, mais parce qu’elle résume parfaitement l’essence de la communication : confirmer que ce qui vient d’être dit a de l’importance. Une conversation ne fonctionne que lorsque les deux interlocuteurs savent qu’ils se sont compris.
Ensemble, « Roger » et « voice » créent cette certitude. Sans devinette. Sans doute.
Le problème que je ne connaissais que trop bien
Lorsque j’ai commencé à développer Rogervoice il y a 12 ans, c’est exactement ce sentiment de sérénité que je voulais offrir après chaque coup de téléphone.
En 2014, mon objectif n’était pas simplement de lancer une entreprise d’accessibilité de plus. Je cherchais à résoudre un problème que je ne connaissais que trop bien : je suis sourd depuis l’âge de 2 ans. Pendant des années, j’ai eu l’impression que le téléphone appartenait à tout le monde, sauf à moi. Les SMS étaient simples. Les e-mails fonctionnaient. Les échanges en face-à-face avaient leur propre rythme. Mais le téléphone m’était interdit.
Pour les personnes ayant une perte auditive partielle, un appel se concluait trop souvent dans l’incertitude :
« Ai-je tout bien saisi ? »
« Quel détail important ai-je manqué ? »
« Devrais-je rappeler pour être sûr ? »
Ces hésitations et ces doutes finissent par accaparer toute l’attention au détriment de la discussion elle-même. « Roger », c’est précisément l’inverse : c’est le moment où le doute s’efface pour laisser place à l’échange.
Et pourquoi cet avion ?
En voyant notre nom et notre logo, il serait facile d’imaginer que nous sommes passionnés d’aviation. Mais cette analogie a un sens très concret : dans un cockpit, le pilote et le copilote ne font pas la causette. Ils collaborent pour mener l’appareil à destination. Là-haut dans les airs, chaque échange compte.
L’avion est devenu notre symbole parce qu’il incarne cette capacité à relier les gens malgré la distance, tout en offrant un repère visuel immédiat pour « Roger ».
Au quotidien, les appels téléphoniques fonctionnent de la même manière :
Vous appelez votre fille pour prendre des nouvelles de son nouveau travail.
Vous confirmez un rendez-vous médical.
Vous faites le point sur un dossier avec un client avant une réunion.
Chaque conversation a un cap. Vous ne devriez pas passer l’appel à luter pour saisir chaque mot. La technologie doit simplement faire son travail, en toute discrétion, puis s’effacer pour vous laisser vous concentrer sur la personne à l’autre bout du fil.
L’essentiel : savoir que l’on a été compris
Au-delà de l’aéronautique, ce nom porte une idée beaucoup plus simple : savoir que l’on a été compris.
Plus d’une décennie après la création de Rogervoice, cette vision continue de guider chacune de nos décisions. Nous voulons rendre aux appels téléphoniques leur simplicité ordinaire — cet ordinaire où l’on raccroche en repensant à la conversation, et non aux efforts qu’il a fallu fournir pour la mener.
Dans une vie, il y a des appels enthousiasmants, des appels de routine, et d’autres que l’on repousse depuis des jours. Mais quelle que soit la raison, chacun mérite de raccrocher avec la même certitude apaisante :
Je t’ai compris. Tu m’as compris. Maintenant, on avance.